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"Les hommes ne sont pas des porcs et les femmes des moutons."


Cette expression est tirée de l’ouvrage « Une brève histoire de tout » de Ken Wilber, c’est un écrivain américain spécialisé en psychologie et en sociologie ; il est également une référence en sciences de l’évolution.


J’ai trouvé sa réflexion qui conduit à analyser la place des hommes et des femmes dans notre société plutôt intéressante et très pragmatique...




Tout d’abord il explique que quel que soit l’époque ou le lieu, ce qui nous permet de distinguer une femme d’un homme, c’est avant tout l’attribut sexuel :


« Les différences sexuelles (mâle et femelle) entre hommes et femmes sont universelles et se retrouvent dans toutes les cultures parce qu’elles sont principalement biologiques – partout, ce sont les hommes qui produisent du sperme, les femmes qui produisent des ovules, qui accouchent et qui allaitent, et ainsi de suite. »

Il reprend ensuite les différents stades de développement de l’être humain au niveau techno-économique:



 


Le constat:


Il y a un million d’années,


à l’ère de la chasse et de la cueillette


où vivaient les sociétés primitives, les hommes partaient à la chasse et les femmes s’affairaient à la cueillette. Non pas que les hommes avaient un sens plus « inné » pour la chasse que les femmes, mais pour la simple et bonne raison qu’il était beaucoup plus difficile et plus contraignant pour une femme enceinte d’aller à la chasse. Au-delà du côté pratique, la protection de la reproduction de l’espèce était sans doute également en cause.

 


Ce n’est que dix mille ans avant Jésus Christ que l’ère de la chasse/cueillette a fait place


à l’ère agricole :


les hommes découvrent alors qu’il est possible de produire des aliments par le travail de la terre.

Il est important de différencier les deux types de sociétés agricoles qui se sont succédé.

La première :

L’ère horticole.

Elle est définie par l’utilisation de la houe.

Les potagers, puis les champs se multiplient, les femmes participent dorénavant plus à la production d’aliments car aucune difficulté pour elles, mêmes enceintes d’utiliser la houe.

L’exploitation de la terre se développe et c’est de cette manière que petit à petit et naturellement les hommes partaient à la chasse et les femmes restaient travailler la terre.



La deuxième ère agricole qui a succédé est

L’ère agraire.


Elle est définie par l’utilisation de la charrue.

Or il s’avère que les femmes qui labourent connaissent un taux de fausses-couches très significatif, ainsi - d’un commun accord et pour les mêmes raisons qu’à l’ère de la chasse/cueillette - la production d’aliments était devenue exclusivement masculine.


Les hommes disposaient dorénavant d’outils et de moyens beaucoup plus efficaces pour de la production de masse, cette nouvelle agriculture avancée a permis à quelques hommes de se libérer de la charge du labour.



Et qu’ont-ils fait ?

Ils se sont concentrés sur d’autres activités plus culturelles, comme l’écriture, les mathématiques, mais également la métallurgie, ou encore les guerres spécialisées jusqu’à l’avènement des premiers grands empires militaires. C’est à partir de trois mille ans av. J.-C que sont apparues les lignées des Alexandre, des César, des Khan.

Avec la politique, la philosophie a également pu se développer, nous nous situons là vers le VIe av. J.-C qui a vu naître de grands penseurs tels Bouddha, Lao Tse, Socrate, Platon, ou Confucius, … tous des hommes.


Et bien entendu, tout cela a largement contribué à la polarisation complète des rôles sexuels de cette époque.


 


L’ère qui a suivie, est celle où les hommes ont cherché un moyen d’assurer leurs subsistances par des moyens technologiques, c’est


l’ère industrielle.


Disons rapidement de cette ère pour la suite de notre réflexion, que c’est celle qui a fait émerger les premiers courants d’émancipation des femmes. Grâce à ces nouvelles machines asexuées,

« la force physique ne déterminait plus de façon écrasante le pouvoir ».

Alors naturellement, de nouvelles perspectives s’ouvraient aux femmes...



 


Bilan des courses:


« à chaque stade de l’évolution de l’humanité, hommes et femmes ont co-créé les formes sociales de leurs interactions ».


Ces sociétés ont fait du mieux qu’elles pouvaient avec la technologie dont elles disposaient, elles se sont adaptées à l’environnement en présence.


Ken Wilber assure donc qu’à aucun moment on ne peut parler d’une volonté d’asservissement ignoble de la part des hommes sur les femmes.


« Les hommes ne sont pas des porcs et les femmes, des moutons ! [...] Pouvons-nous réellement croire que les hommes auraient été capables de s’unir (toutes cultures confondues) et d’opprimer la moitié de l’espèce humaine ? […] »

Et l'on pourrait rajouter : « Et que les femmes n’auraient pas réussi à s’affranchir de cela depuis ? »



 


Conclusion:


Le but de cette réflexion n’est pas de dédramatiser les conséquences des sociétés ou des gouvernements qui ont encouragé le patriarcat ou qui n’ont jamais fait valoir le Droit des femmes ; le but est simplement de vous apporter quelques éléments de réflexion qui vous permettront peut-être de prendre du recul et de vous défaire d’éventuelles idées reçues vis-à-vis de la responsabilité générale des hommes et de la supposée faiblesse des femmes.


Les hommes ne sont pas des porcs, ils ne viennent pas de Mars non plus, il est temps dorénavant de ne plus utiliser les différences pour promouvoir la haine, la frustration, la peur et faire la guerre mais à apprendre à vivre ensemble et valoriser chaque particularité sans forcément hiérarchiser l’un des deux genres.